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La bataille de Kirina

La bataille de Kirina, également connue sous le nom de siège de Karina (vers 1235), était une confrontation entre le roi Sosso Soumangourou Kanté et le prince mandingue Sundiata Keita. Les forces de Soundiata Keita ont vaincu sans ambages celles de Soumangourou Kanté, garantissant la prééminence du nouvel empire malien de Keita sur une grande partie de  l’Afrique occidentale.

À la fin du XIIe siècle, l’empire du Ghana autrefois dominant s’était effondré, à la suite de conflits internes et d’une intervention politique des Almoravides au XIe siècle. Un certain nombre de petits États voisins se sont précipités pour combler le vide laissé par la disparition de l’empire du Ghana, y compris le peuple Sosso du royaume de Kaniaga et le peuple mandingue du Haut Niger. Sous la direction de Soumangourou Kanté, les Sosso s’emparent de Koumbi Saleh, ancienne capitale de l’Empire du Ghana, et élargissent leur territoire vers l’extérieur, conquérant entre autres le pays Mandingue.

Le prince mandingue exilé Soundjata Keita a organisé une coalition de petits royaumes pour s’opposer à la puissance croissante du Sosso. Les armées adverses se sont rencontrées dans la région de Koulikoro de l’actuel Mali vers 1235. Les forces de Soundjata Keita ont été victorieuses et ont mis fin à l’hégémonie de l’empire Sosso. Cette bataille est souvent citée comme le début de l’empire du Mali, qui contrôlera la majeure partie de l’Afrique de l’Ouest pendant les deux prochains siècles.

L’histoire de la bataille est racontée dans l’épopée de Soundjata, largement considérée comme l’épopée nationale du Mali. Dans cette épopée, Soumangourou Kanté est un roi-sorcier maléfique qui opprime le peuple mandingue; cependant, quand Soundjata découvre que son animal sacré est le coq, il est capable de blesser Soumangourou Kanté avec une flèche portant l’éperon d’un coq. Le roi Sosso fuit alors le champ de bataille, disparaissant dans les montagnes de Koulikoro. Une version de cette histoire a été racontée par Maximilien Quenum dans ses Légendes africaines.

Mansa Soundiata Keita est décédé vers 1255. Il s’agit généralement de l’année de décès acceptée. Il y a cependant très peu d’informations concernant la cause de son décès. Non seulement il existe différentes versions, principalement modernes, mais la tradition mandingue interdit de divulguer le cimetière de leurs grands rois.  Selon certains, il est mort de noyade en essayant de traverser la rivière Sankarani, près de Niani. Si l’on en croit l’historien Delafosse, il a été “accidentellement tué par une flèche lors d’une cérémonie.”  D’autres ont soutenu qu’il avait été assassiné lors d’une manifestation publique.  À l’heure actuelle, la cause de son décès généralement acceptée est la noyade dans la rivière Sankarani, où un sanctuaire qui porte son nom subsiste encore aujourd’hui (Soundjata-dun signifiant les eaux profondes de Soundjata). Ses trois fils (Mansa Wali Keita, Mansa Ouati Keita et Mansa Khalifa Keita) lui succédèrent en tant que Mansas de l’Empire. Le célèbre dirigeant ouest-africain Mansa Musa était son petit-neveu.

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